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Echo de la soirée ciné débat d'Annecy en Avril

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Le 28 avril, L'ACF Rhône-Alpes a organisé une soirée débat, cinéma et psychanalyse, autour du film d'Hélène Zimmer : « A 14 ans » et animée par Nicole Borie, psychanalyste à Lyon, membre de l'Ecole de la Cause Freudienne. Cette soirée s'inscrit dans le thème de la Journée de l'Institut de l'Enfant en 2017 sur l'adolescence.

Le film débute sur un plan en contre plongée : une cour de collège. Le premier regard voit la masse de jeunes gens, puis l’œil du spectateur se fait plus précis, des petits groupes se détachent, pour enfin percevoir des adolescents dont les corps se heurtent, se bousculent dans une recherche de contact ; les corps parlent.

Quatre saisons pour faire le portrait de trois adolescentes. Il y a Sarah « l'écorchée vive », Jade « l'amoureuse » et Louise « la débrouillarde », qui nous immergent dans les tourments de l'adolescence ponctuée par les rivalités, les révoltes et la séduction. La rencontre avec l'Autre sexe est au cœur des préoccupations des trois adolescentes.

Chacune à sa manière traverse cette période si délicate où la crudité, la violence des mots, laisse peu de place à l'expression de l'émotion.

Comme le souligne Nicole Borie, la fracture entre les générations est manifeste dans le film, les professeurs sont dépassés par les codes de communication des adolescents et l'irruption pulsionnelle auxquelles les jeunes ont affaire. Les mères sont mises à rude à épreuve et épinglées, elle aussi, par l'insulte.

Les jeunes filles de ce portrait sont virulentes mais tout à fait classiques, rien d'anormal, nous dira Nicole Borie. Chacune trouve des solutions pour dire non, elles ne sont pas dans l'impasse. Celle qui tire le mieux son épingle du jeu est Louise, qui maintient un bon niveau scolaire, parvient à être accueillie chez sa grand-mère, dont la présence et les actes valent plus que les grands discours.

L'analyste pointe l'omniprésence de la solitude dans laquelle sont les adolescents, malgré le groupe si cher à cette période. Alors que les adultes veulent que leurs adolescents parlent (puis se taisent), eux sont au prise avec un «je ne sais pas» et ne peuvent nommer ce qui leur arrive.

Nicole Borie souligne que ce qui se pose pour chaque adolescent et ce dont témoigne ce portrait, est «où loger son corps ?».

Le film se termine sur une scène où l'on retrouve les trois protagonistes profitant de la douceur de l'été après avoir traversé les quatre saisons ; les adolescentes sont là, au présent, évoquant, avec attente, la rentrée suivante. Nicole Borie reprendra une remarque de Philippe Michel, proposée lors de l'échange, qui pourrait être un trait de l'adolescence : «A 14 ans, Faut y aller ! ».