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A propos des adolescents de l'illimité

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Par Nadia Aboaf.

Pour les auteures, le point de départ est un constat difficile au sein d'une institution qui accueille des « enfants » incasables, sans limite, traumatisés très jeunes. En effet, il y a une dizaine d'années, elles reconnaissent que « on n'y comprend rien » et que les méthodes institutionnelles échouent. Cet aveu les soulage. C'est le point de départ pour autre chose… cette autre chose qui passera par l'adaptation d'une idée née au CIEN, un observatoire interdisciplinaire où les professionnels vont décider de « s'enseigner de ce qui se passe » dans l'institution pour ces jeunes. C'est ainsi que naîtront les « conversations » avec la « psy » autour de la machine à corn flakes... plus efficaces que les rendez-vous dans son bureau… Ne pas interpréter ces enfants hors temps, hors symbole, hors lien social,  faire avec leur « bizarre », parler de leur souci du quotidien... habiller d'une trouvaille linguistique leurs traumas avec une expression légère qui leur permette d'habiter leur corps sans se sentir épinglés du côté du déchet, c'est cela que pratiquent Anaïs Pourtau et Marie-Cécile Marty en maniant aussi le rire.  Avec un parti pris modeste : limiter les passages à l'acte. 

 

Adolescents de l'illimité, d'Anaïs Poutau et Marie-Cécile Marty, préface de Jacqueline Dhéret, Ed. Chronique Sociale, 2015.