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Echos de la soirée : Bienvenue au milieu adapté: Autisme, travail et subjectivité

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"Une dette envers la psychanalyse", par Délia Steinmann

 

Le pari était ambitieux : Christine Gintz, secrétaire du RAAHP, présiderait une séance où Nicole Borie, membre de l'École de la Cause Freudienne, présenterait une situation de suivi au CPCT (Centre Psychanalytique de Consultation et de Traitement) de Lyon. Paula Cacciali et Dominique Janin-Duc, membres de l'Association Lacanienne Internationale, se chargeraient de commenter et de discuter le traitement exposé. Le cas présentait l'intérêt de mettre en valeur la détermination du sujet : ne pas être identifié à une personne handicapée et, de ce fait, ne pas bénéficier du travail en milieu adapté.

De quoi questionner, d'emblée, la logique du Bien et ses conséquences à la lumière de l'acte analytique. La particularité du lieu où se déroula ce suivi, interrogée par Paula Cacciali et de Dominique Janin-Duc, ajoutait à cette situation clinique la valeur de paradigme.

Des questions essentielles sur le diagnostic en psychanalyse, sur la direction de la cure, sur le sens du dispositif à l'époque du néolibéralisme, furent l'objet d'un débat d'une qualité remarquable dont nous n'oublierons pas les leçons.

J'ai retenu, entre autre, une question de Christine Gintz sur la gratuité du dispositif CPCT. À partir de sa pratique d'analyste et sans ignorer l'importance de la question du paiement dans la cure, elle interrogea comment traiter la question de la dette : Dette du patient? Dette des psychanalystes envers les autres ? La réponse de Nicole Borie, indiquant que les praticiens du CPCT reconnaissent une dette envers la psychanalyse, résonna pour moi avec la force d'un discours qui ne serait pas du semblant. Le travail de ces quatre psychanalystes, respectueuses du cas et des discours, fut la preuve, en acte, de la possibilité du don. À la portée du sujet, humain et pluriel, ce don se décline au cas par cas : Ainsi, le mot Autiste ne peut plus prétendre au nom propre.

Delia Steinmann