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Echo de la soirée du 12/09 à Valence

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La soirée du 12 septembre fut tout à fait réjouissante de par le nombre de participants mais aussi de par la qualité du témoignage de deux intervenantes dont la pratique orientée par la psychanalyse n'est pas sans effets. Ces deux témoignages  commentés et discutés par Nicole Borie, psychanalyste, vice-présidente du CPCT qui avait eu la gentillesse de venir de Lyon, démontrent ce qui dans la rencontre peut permettre de faire symptôme.

 

A Aubenas, Monsieur M est reçu dans le cadre de l’Action Territoriale avec l’appui du RER (Rencontres-Echanges-Recherches). Ce dispositif inventé grâce au désir de quelques uns et toléré par l'institution est inédit et tout à fait singulier comme le sont les situations rencontrées.

Monsieur M, présenté avec précision et délicatesse par Sylvie Béaur, fut non seulement objet d'étude mais aussi sujet d'enseignement pour nous tous. Cet homme sans âge, dont la particularité malodorante annule toute distance à l'autre en même temps qu'elle le maintient éloigné, va construire avec Sylvie Béaur un lieu d'adresse, un semblant de lien social. Le rassurer sur la confidentialité des rencontres sans l'inviter à la confidence est tout un art, cela va permettre que de ces rencontres  un symptôme se dégage : la solitude . Dire sa solitude n'est pas la même chose que de la vivre seul. Les détails de cette présentation rendent le cas " incomparable " et c'est ce qui en fait toute la valeur.

 

Nathalie Lemitre , tout en finesse , va nous conter par le menu la rencontre avec Emilie, 3 ans, et sa maman à la Maison Ouverte de Montélimar lors d'une permanence. Cet accueil se fera sans préjugés, sans principes, mais avec la rigueur de ce qui fait loi dans ce lieu : ne pas dépasser la ligne. Le lien à l'accueillante se transforme, la maman d' Emilie parle aux autres mères pendant que sa fille fait sa place, confrontée aux petits autres qui gravitent autour d'elle  dégagée du regard tout puissant de sa mère. Grâce à la présence discrète mais orientée de Nathalie Lemitre un jeu s'installe entre elles et ce jeu permet un espace de séparation entre mère et fille.

 

Faire avec le symptôme de l'Autre, s'en faire le partenaire c'est ainsi que Nicole Borie a conclu cette agréable soirée.

 

Marie-Jo Grand le 14 septembre 2017