Cartels




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Souvent, lorsque nous voulons étudier la psychanalyse, c’est parce que quelque chose a été entendu, nous a retenu, et nous presse d’en savoir davantage : « J’aimerais lire Lacan, mais par quoi commencer ? », « Comment avancer, mais pas tout seul ? », « Où inscrire mon travail ? ». Lacan a inventé un dispositif de travail original, nommé  cartel, pour recueillir ce désir de savoir. Il lui a donné une place de choix dans son Ecole, aux côtés de la passe, à la hauteur de l’enjeu d’un « tu peux savoir ».

 

Le cartel est un dispositif à la fois très simple et très subtil : il mise sur le désir de travail de quelques uns qui choisissent de se retrouver. Il ne tient que par leur présence : trois personnes, parfois quatre, plus rarement cinq, s’entendent pour travailler sur un même thème, une même question. Puis elles font appel à une personne désignée comme plus-une, dont la fonction s’apparente à celle d’un « agent provocateur ». Cet agent n’est pas un savant. Plutôt, il prend sur lui la tâche de la mise au travail, à laquelle il participe lui-aussi.

 

Si la production n’est pas collective, chaque Un se faisant responsable de la sienne propre, néanmoins elle est issue du travail de cartel. C’est en effet un pari qui mise sur des bouts de savoir « attrapés » au fil du cartel, et qui provoquent un retournement, une surprise, un trait comme on parle du trait du ciseau quand il coupe. Couper dans l’ignorance, c’est l’invitation de Lacan. C’est pourquoi son style est si particulier, si peu didactique au sens classique du terme, bien qu’il ne se soucie que de transmission. En ce sens, on peut dire que lire Lacan, c’est souvent faire une expérience. Expérience d’être dérouté, égaré parfois, ce qui ne va pas sans une certaine solitude. Mais c’est aussi la chance d’une trouvaille à laquelle on ne s’attendait pas, chance d’entendre ce que le raisonnement a fermé, que l’on soit débutant ou plus avancé. Plus qu’un savoir déjà-là, le cartel donne « ressort » aux petits franchissements intimes et singuliers.

 

Les modalités du cartel sont fluides et simples. Le cartel décide de son rythme de rencontres pour un an, deux maximum. Il accueille quiconque veut se prêter en-corps et en désir à l’expérience de la lecture et de l’étude de la psychanalyse. Il fait l’objet d’une déclaration auprès de l’Ecole de la Cause Freudienne, ce qui est une façon d’y inscrire son travail. Il n’est toutefois pas nécessaire d’en être membre. Pour déclarer le cartel, il suffit d’aller sur le site de l’ECF, rubrique « cartels », où l’on trouve également les textes de références.

 

Des soirées, des journées, sont organisées par l’ACF et l’ECF, pour faire connaître transmettre les travaux des cartellisants. Certains textes peuvent faire l’objet de publication soit dans Cartello, lien électronique des cartels, soit dans le bulletin Par Lettre de l’ACF. Pour recevoir et consulter les numéros de Cartello, cliquez-ici.

 

Si vous souhaitez travailler en cartel, si vous avez des questions, vous pouvez adresser un mail à l’adresse suivante : vherlant@free.fr.

 

 

Veronique Herlant

Responsable de la commission des cartels dans l'ACF Rhône-Alpes.