L'INSTITUT DE L'ENFANT




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L’Institut de l’Enfant a été créé en décembre 2009 par Jacques-Alain Miller. Il réunit trois réseaux en France, le Centre Interdisciplinaire sur l’Enfant (CIEN), le Nouveau Réseau du Centre d’Etudes et de Recherche sur l’Enfant dans le Discours Analytique (CEREDA), ainsi que le réseau International des Institutions Infantiles (RI3). Dans la région Rhône-Alpes,  ce sont les groupes de travail du CIEN et du CEREDA qui forment le maillage de l’Institut de l’Enfant.

On peut trouver sur le site de l’UFORCA le texte de Jacques-Alain Miller qui présente les axes et principes de l’Institut. Il fut prononcé à l’occasion de la deuxième Journée d’Etude de l’Institut, en mars 2013, « L’enfant et le savoir ». La dimension politique de la psychanalyse y est au premier plan, elle fonde l’action des groupes CIEN et CEREDA qui choisissent de se reconnaitre dans l’orientation lacanienne.

 CIEN

 Le CIEN fait offre de réfléchir à plusieurs à partir de champs d’expériences professionnelles différentes. En fondant le CIEN, en 1996, Jacques-Alain Miller associait à cette offre un mode de travail particulier qui reste une des spécificités du CIEN : la conversation inter-disciplinaire, avec un tiret indiquant que dans les laboratoires les disciplines ne se complètent, ni ne se recouvrent. La conversation inter-disciplinaire est art du mi-dire, elle ne craint pas le malentendu. C’est du vide qu’elle creuse au cœur des savoirs que chacun peut s’interroger sur le réel auquel le confronte sa pratique professionnelle auprès d’enfants et d’adolescents. 

Les laboratoires sont des lieux de recherche multiformes qui se déploient selon trois pôles principaux : le champ du social, le champ scolaire, celui de la justice.

À Lyon, il y a actuellement quatre laboratoires :

1 –Déprises scolaire et familiale des enfants et de adolescents, la réponse des adultes : responsable Marie-Cécile Marty.

2– L’enfant, la famille et la médecine : responsable Nicole Borie.

3 – L’enfants et ses professionnels (champ de la protection de l’enfance) : responsable Nicole Borie.

Pour nous, une des menaces les plus préoccupantes est la dépossession subjective dont pâtissent les enfants, les adolescents contemporains et les praticiens et qui découle de discours que nous nous efforçons de lire, à partir de leurs signifiants-maîtres – évaluation, protocole, prévention, contrat, transparence, troubles du « dys »-fonctionnement – et de leur contexte scientiste et normalisateur.

Les discours institutionnels, avec leurs signifiants-maîtres, sont une manière de traiter le réel sans loi qui objecte à tous les discours, toujours menaçant, traumatique, insupportable. C’est de ce réel que dépend le symptôme. Chacun est responsable des lieux et des espaces où sa présence requise en-corps puisse offrir un point d’appui et de respiration à des enfants ; accueillir leur angoisse ; dire oui à leur existence désarrimée, à leurs perturbations, et à leur usage singulier de la langue..

L’annuaire mis à jour chaque année en octobre, mérite une lecture approfondie. À côté des les recherches des laboratoires, le CIEN, organisme agréé, organise avec des partenaires institutionnels des stages de formation inter-disciplinaire, par exemple pour les assistants familiaux.

Pour terminer ce tour d’horizon, j’ajouterai que, outre la discipline pratiquée par chacun, le CIEN promeut la double discipline de la conversation et de l’écriture. Il accompagne ses participants dans leur effort de dire et dans leur effort d’élaboration et de transmission des bouts de savoirs extraits de l’expérience. Le bulletin du CIEN francophone est l'outil privilégié de diffusion de ces écrits. Il a changé de nom et se nomme désormais @-trait du CIEN

Pour demander un renseignement, s’adresser à Michèle Rivoire : michele.rivoire@wanadoo.fr

CEREDA

Chaque groupe du CEREDA s’adresse à ceux qui ont une  pratique avec les enfants : s’enseigner à plusieurs de la clinique de la rencontre avec la boussole de l’orientation psychanalytique lacanienne  produit  découvertes, surprises  et  recherches. Le Nouveau Réseau CEREDA , Centre d’Etude et de Recherche sur l’enfant dans le discours analytique,  se réfère à deux principes fondateurs : la dimension du sujet de l’enfant , et le fait qu’il n’y a pas de spécificité de l’analyse avec les enfants.

Ces deux principes ne vont pas l’un sans l’autre, dès l’instant où l’enfant n’est pas un petit sujet en réduction, mais que ses questions touchent aux enjeux même de la subjectivité, ceux de l’être parlant.

C’est à partir de ces points précis que les participants des trois groupes en Rhône Alpes se proposent  de suivre pas à pas les élaborations et découvertes d’un enfant, pris dans le transfert avec un praticien, lequel peut témoigner dans le groupe de sa position et de son acte, au cas par cas. Ce travail à plusieurs est nécessaire pour élaborer le cas, et des bouts de réponse car le savoir est toujours à produire dans nos pratiques avec les enfants. Pour cela les participants veulent bien croiser avec d’autres les impasses comme les trouvailles, dessiner les contours d’une pratique qui prend au mot la question du désir jusque dans ses conséquences et prendre la mesure d’une clinique de l’acte.

La lecture des textes de Freud et de Lacan éclaire le cheminement non sans se référer aux textes et cours de Jacques Alain Miller, d’une actualité saisissante. Là aussi l’élaboration à plusieurs permet d’entrer dans l’énigme d’un texte, de se risquer à une lecture, à un commentaire.

 

La psychanalyse donne des repères précis. Elle peut éclairer les impasses rencontrées, qui ressortent toujours d’une logique du sujet, et engagent le praticien à répondre. Dans le désert conceptuel ambiant au sein des lieux de travail, elle est une chance de se donner une orientation, pas tout seul.

 

Le 18 mars 2017 a eu lieu la quatrième journée de l’Institut de l’Enfant sous le titre « Après l’enfance ». Deux années de travail ont permis d’approcher le sujet sans se précipiter pour compléter…l’adolescence. Jacques-Alain MILLER nous avait mis en garde dans son intervention de clôture de la troisième journée de l’Institut de l’Enfant « Vers l’adolescence », nous indiquant qu’il s’agissait « d’une construction, un artifice signifiant ». Cette journée riche de travaux cliniques a été le fruit des élaborations sur la puberté, les transformations du corps, l’irruption du sexuel, se sentir fille ou garçon, la modification du rapport à l’Autre et au savoir qu’il incarne… tout en restant très actuelle sur la présentation symptomatique (Cosplay, Hikikomori…).

Jacques-Alain MILLER, en clôture de la journée, nous a invité à travailler, pendant les deux prochaines années, sur le thème « Enfants violents ».

Nous avons déjà hâte de nous plonger sur le sujet et attendons la publication de cette intervention.

-          « Le petit caillou », à Valence. Responsable Geneviève Valentin : gvalentin1@sfr.fr

-          « Epitomé », à Grenoble. Responsable Iris Lopez Suarez : iris.lopez.suarez@gmail.com

-          « Le petit Hans », à Lyon. Responsable Jocelyne Lereculeur: jocelyne.lereculeur@neuf.fr