Septembre 2020

  • ( )confinement

     

    Par Virginie Fara

     

     

    Je suis attrapée par la parenthèse dans le titre de la rubrique « Au temps du (dé)confinement », dans la Newsletter : « Le préfixe « dé-dés-des », issu du latin « dis » sert à modifier le sens du terme primitif en exprimant l’éloignement, la privation, la cessation, la négation, la destruction de quelque chose, l’action ou l’état contraire, inverse. »

     

    Récemment, dans le cadre de mon travail de psychologue, je rencontre un jeune homme, présenté par son « problème de communication ». L’adolescent, tourné sur le côté, regarde fixement le mur, demeure silencieux mais accepte cependant de rester seul avec moi. Je commence par m’intéresser aux jeux vidéo auxquels il joue mais il répond succinctement sans me regarder. Devant le mal à l’aise qui s’installe, j’envisage de mettre fin à la séance, mais je tente une ultime question : comment dort-il ? Sa réponse, sur un ton d’évidence, ne se fait cette fois-ci pas attendre « allongé sur un lit ». Ce dire eut un effet de surprise, me sortit d’une sorte de torpeur et m’indiqua la voie, rester au plus près du réel.

    L’écriture que je propose, « ( )confinement. », tente de restituer ce point : un vide dans la parenthèse, c’est-à-dire non pas un savoir sur l’Autre,  mais l’acceptation d’un trou qui permet une circulation d’une voix à une autre.